
L’opinion guinéenne tout d’abord pour laquelle le contrat secret avec Palladino ainsi que toutes les implications potentielles qu’il comportait, étaient une remise en cause quasi absolue de toutes les promesses de changement et de transparence faites depuis environ deux ans. Ensuite, il y a la communauté des bailleurs de fond dont la Banque Mondiale et le FMI. Sollicités par la Guinée en vue de l’annulation d’une part substantielle de sa dette extérieure, ces bailleurs pourraient, eux aussi, émettre un sérieux doute sur la sincérité de la partie guinéenne. Conséquence de ce déficit de confiance qui s’instaurerait, les négociations en vue de l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative des PPTE pourraient tout simplement être mises à l’eau..
C’est justement en raison de l’existence très évidente de ce second risque que les autorités guinéennes multiplient les communications. Mais il faut dire que jusqu’ici, ce n’est pas visiblement la grande réussite. En effet, c’est brûler les étapes que de déclarer tout de go que "le contrat est annulé et que le prêt sera remboursé".
En amont, il aurait fallu expliquer les raisons qui avaient rendu nécessaire le prêt ? Justifier l’utilisation des 25 millions. Surtout expliquer pourquoi a-t-on caché l’existence et le contenu du contrat aussi bien aux Guinéens et qu’à la fameuse communauté des bailleurs ? Par ailleurs, tout le monde souhaite aujourd’hui savoir d’où viennent les 25 millions USD qui vont servir au remboursement ? De même, il serait intéressant d’avoir une réaction de la part du gouvernement à propos du versement à la société sud-africaine d’un million de dollars comme frais de préjudice.
Toutes ces questions demeurant encore sans réponses, certains géants du monde commencent à s’interroger. C’est cette dimension de l’affaire que les dernières sorties médiatiques de Kerfalla Yansané et de Mohamed Lamine Fofana voulaient éviter. Egalement le même objectif que visait notamment la dernière visite qu’a récemment faite le ministre des mines et de la géologie en Angleterre. On aurait également cherché à rassurer le FMI; mais comme on le disait, le succès n’est pas encore au rendez-vous. Parce que justement, on annonce que la Banque Mondiale vient d’ouvrir une enquête en la matière.
Du côté de Londres aussi, les agitations commencent à se manifester. C’est ainsi qu’on apprend que le milliardaire américano-hongrois, Georges Soros, aurait demandé au parlement britannique d’ouvrir une enquête. Il faut dire que le nom de Georges Soros, dont les liens amicaux avec le président Alpha Condé sont publics, a été évoqué dans la révision du code minier guinéen, au lendemain même de l’investiture du président guinéen. Il voudrait donc se prouver à lui-même et prouver à la communauté internationale qu’il n’est ni de près, ni de loin mêlé à cette affaire qui prend les allures d’une peste.
De l’autre, les lois étant relativement au-dessus de tous, se retrouver au cœur d’une telle scabreuse affaire, ça ne pardonne pas. Comme on le voit donc, la situation est en passe d’échapper résolument au contrôle du gouvernement guinéen. C’est dire que le remboursement n’aura visiblement pas été la solution. En réalité, ce n’est pas en soi le prêt qui pose problème. Ce sont plutôt certaines circonstances qui l’entourent. Sur ces dernières, les réponses du gouvernement guinéen sont plutôt évasives et approximatives, alors que pour un montant aussi important, l’idéal est de se montrer le plus précis possible. Pour faire éclater la vérité.
Momo Soumah pour GuineeConakry.info




















