
Les Journées Médicales ont pris fin. Du 30 mai au 2 juin, le palais du peuple de Conakry était le cadre d’une rencontre hautement scientifique entre professionnels de la santé venus de divers horizons. Au cours de cette période, les uns et les autres auront échangé sur l’ensemble des problématiques qui se posent au secteur de la santé en Guinée.
Au total, il y aura eu 136 communications qui se seront tenues dans trois salles du palais du peuple, à savoir la salle des Congrès, la salle du 28 septembre et la salle des actes. En termes d’affluence, de l’avis des organisateurs, les prévisions ont été faussées, car pour une participation initialement prévue de 300 personnes, on s’est retrouvé avec quelques 485 participants. Des participants qui étaient composés d’étudiants, d’infirmiers, de sages-femmes, de médecins, de professeurs, d’assistants, de maitres-assistants et d’odonto-stomatologues.
Ces retrouvailles du monde médical a été particulièrement rehaussée par la présence de sommités mondiales en provenance à la fois de la France et d’autres pays africains, à l’image du Pr. Marc Gentilini, du Pr. Jean-Louis Mâchurons, du Dr. Philippe Bernagou, du Dr. Serigne Magueye Gueye ainsi que des Guinéens Dr. Bah Clozel et Dr. Bakary Sidiki Sylla, entre autres.
Les débats et les échanges ont porté sur des sujets et des thématiques d’une pertinence incontestable à savoir le rôle de la vaccination dans la prévention de la maladie de la mère et de l’enfant, la santé de la reproduction, le VIH/Sida, les maladies non transmissibles et émergentes, la problématique de la contrefaçon et de la vente illicite des faux médicaments. A côté de ses préoccupations, le comité d’organisation avait également prévu deux tables-rondes portant, l’une, sur l’organisation de la santé du travail dans les mines et l’autre, sur l’Assurance-Qualité des médicaments: Contrefaçon et vente illicite des médicaments.
A la fin, les motifs de satisfaction ne manquent pas: la signature par le chef de l’Etat de l’appel de Cotonou, relatif à la vente illicite des médicaments, parrainé par la fondation Chirac; l’établissement d’un partenariat entre les autorités guinéennes et Interpol pour la mise en place d’un dispositif de lutte contre la criminalité pharmaceutique; l’intégration de la Guinée au réseau des laboratoires de l’Afrique de l’Ouest, Resaolab, avec la formation des techniciens de laboratoires en biologie médicale; l'appui pour la mise en place d’un centre d'excellence de recherche et de dépistage en drépanocytose; le renforcement des unités de pédiatrie à l’hôpital national Donka; l’acquisition de matériels médicaux et autres produits de santé, matériels de radiologie, de chirurgie, un resecteur de la prostate, des interventions chirurgicales programmées en urologie; la recherche médicale en cancérologie, la formation des médecins et personnel médical à la prise en charge des cancers, la création d’un cadre de concertation entre le ministère de la santé et de l’hygiène publique; la sécurité, les services spéciaux à la présidence, la douane, la gendarmerie, les ordres professionnels, dans le cadre de la lutte contre la contrefaçon et la vente illicite des médicaments.
Au-delà de ces acquis hautement salutaires, les Quatrièmes Journées Médicales ont été révélatrices d’un formidable travail scientifique qu’abattent un peu dans l’anonymat, l’ensemble des médecins guinéens. De nombreuses communications ont en effet porté sur des données recueillies par des chercheurs guinéens suite à des études qu’ils ont eux-mêmes planifiées et exécutées. Ils ne souffrent alors qu’un déficit de visibilité. Ce que les Journées Médicales, ont, entre autres, permis de savoir.
De même, ce congrès médical aura été l’occasion de nouer des partenariats et de mettre sur pied des programmes et de projets ayant pour objectif final l’amélioration des conditions de vie et de santé des populations guinéennes. Une illustration nous est donnée par le programme dit de la Prévention de la Transmission de la Mère à l’Enfant (PTME) du VIH/Sida que l’OPALS met en place dans la préfecture de Kindia.
De l’avis de Goia Garcia Galdouroz, la chargée de ce programme, ce dernier est prévu pour une durée de trois ans et concernera les quatorze centres de santé de la capitale des agrumes. Egalement, ce grand-messe aura permis de toucher du doigt des problèmes spécifiques qui se posent presque quotidiennement aux responsables des structures sanitaires en Guinée.
C’est ainsi que le jeudi 2 juin 2011, un peu avant la cérémonie de clôture, les participants et le comité d’organisation étaient informés de la disparition de Madame Doussou Fofana, des suites d’une hémorragie pendant l’accouchement. L’émotion causée par ce drame au sein du comité d’organisation était d’autant plus manifeste que la défunte était une étudiante préparant son DES en pédiatrie. Par ailleurs, son décès serait intervenu suite à une carence de sang.
Pour Dr. Mamadou Pathé Diallo, ce décès est une malheureuse occasion qui permet néanmoins de donner une idée de la carence récurrente de sang dans les structures sanitaires du pays. Pour lui, la situation est d’autant plus préoccupante que le personnel de santé lui-même n’en est pas exempt.
Ce sont alors tous ces acquis qui ont fait dire à l’ensemble des intervenants à la cérémonie de clôture que les Journées Médicales ont été à la fois un succès et une réussite. Au point que Sabine Soropogui et Mouctar Bayo, tous deux étudiants et participants, ont exprimé leur souhaits de voir de telles manifestations se multiplier, voire s’institutionnaliser. Une pertinence et une nécessité que le chef de cabinet du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, représentant le gouvernement, a également soulignées, dans son intervention de clôture.
M. Yazora Soropogui, reprenant les propos qu’avait tenu le premier ministre, chef de gouvernement, lors de la cérémonie d’ouverture, déclare: « Notre gouvernement apprécie hautement la tenue des journées médicales dont les actions antérieures dans les domaines de l’équipement, de la formation et de la prise en charge de certaines pathologies, attestent de la noblesse des objectifs ».
De son côté, dans sa brève intervention, la présidente de l’ONG France-Guinée-Coopération a préféré se projeter sur la 5ème édition. Dans cette optique, Pascale Vanneaux dit vouloir que l’on rompe avec « l’improvisation ». Et se faisant porte-voix de son ONG et du comité d’organisation, elle sollicite: « l’inscription des Journées Médicales sur la ligne budgétaire du ministère de la santé afin d’assurer leur pérennisation ». Car poursuit-elle: « La Guinée ne doit plus être le pays des occasions manquées ». Pour elle, « vu que la Guinée is back », le pays se doit de se donner les moyens de réussir le challenge.
Il faut juste espérer que cela tombe dans de bonnes oreilles.
Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info




















