
- Étant donné que l’agriculture est de loin l’activité qui consomme le plus d’eau douce, à moins d’adopter des pratiques agricoles plus raisonnables à cet égard, nous ne pourrons pas éliminer la faim et nous nous exposerons à bien d’autres maux comme la sécheresse, la famine et l’instabilité politique.
Dans de nombreuses régions du monde, la pénurie d’eau s’aggrave et la croissance de la production agricole ralentit. Parallèlement, les changements climatiques exacerbent les risques et les aléas qui pèsent sur les agriculteurs, en particulier les plus pauvres d’entre eux qui vivent dans les pays à faible revenu et sont les plus vulnérables et les moins à même de s’adapter.
Ces problèmes interdépendants intensifient la concurrence entre communautés et entres pays dans la course aux rares ressources en eau et, de ce fait, aggravent les problèmes de sécurité anciens, en créent de nouveaux et empêchent la réalisation des droits fondamentaux à la nourriture, à l’eau et à l’assainissement. Alors que près d’un milliard d’êtres humains souffrent de la faim et que quelque 800 millions n’ont toujours pas accès à l’eau potable, il y a beaucoup à faire – et c’est notre devoir – pour consolider les bases de la stabilité locale, nationale et mondiale.
Si l’on veut assurer durablement la sécurité alimentaire et la sécurité de l’approvisionnement en eau, il faudra que tous les secteurs et tous les acteurs se mobilisent pleinement. Cela supposera des transferts de technologie dans le domaine de l’eau, l’autonomisation des petits producteurs de denrées alimentaires et la préservation des services écosystémiques essentiels. Il faudra adopter des politiques visant à promouvoir le droit à l’eau pour tous, à renforcer la réglementation et à assurer l’égalité entre les sexes. Les investissements dans les infrastructures d’alimentation en eau, le développement rural et la gestion des ressources hydriques joueront un rôle clef.
Nous devrions tous nous sentir portés par le regain d’intérêt politique suscité par la sécurité alimentaire, dont témoignent la place accordée à cette question dans les programmes de travail du Groupe des Huit et du Groupe des Vingt, l’accent mis sur les liens entre alimentation, eau et énergie dans le rapport du Groupe de haut niveau sur la viabilité mondiale que j’ai créé et le nombre croissant de pays s’impliquant dans l’initiative Renforcer la nutrition.
En cette Journée mondiale de l’eau, j’exhorte tous les partenaires à saisir pleinement les possibilités offertes par la Conférence des Nations Unies sur le développement durable (Rio +20). Il s’agira, à Rio, de tisser des liens entre la sécurité de l’approvisionnement en eau et la sécurité alimentaire et nutritionnelle dans le cadre d’une économie verte. L’eau jouera un rôle central dans la construction de l’avenir auquel nous aspirons.
United Nations




















