1er MAI 2014 : A chacun sa ‘’fête’’

Le monde entier a célébré hier, la fête internationale du travail. Inspirée de la grève sanglante du 3 mai 1886, aux usines McCormick de Chicago (USA), pour l'instauration de la journée de huit heures, cette journée est, de nos jours, une occasion que les organisations syndicales mettent à profit pour exposer leurs revendications. Selon les circonstances et le climat politique notamment dans les différents pays, les doléances sont formulées appuyées de manifestations plus ou moins violentes ou encore d'assises consensuelles. En fonction des spécificités de chaque pays, ces nuances étaient présentes dans la célébration africaine de la journée du 1er mai de cette année.

En Guinée, en raison, dit-on, de l'épidémie d'Ebola, la journée a été autrement célébrée. Les responsables syndicaux estimant qu'il n'était concevable de célébrer une quelconque fête, dans un contexte où de nombreux travailleurs du secteur médical, principaux combattants sur le front de la maladie, manquent à l'appel. Les organisations sociales ont préféré, en lieu et place, des traditionnelles marches ou des meetings qui se tenaient au Palais du peuple ou à la Bourse du travail, une journée de prières pour rendre hommage à tous les travailleurs qui ont perdu la vie en tentant de sauver des malades atteints de la fièvre Ebola.

Mais les autorités ne doivent surtout pas dormir sur leurs lauriers. Parce qu'il pourrait bien
s'agir d'une accalmie qui précède la tempête sociale. En effet, les syndicalistes ont déjà émis un préavis de grève qui pourrait débuter le 13 mai prochain.

Pêle-mêle, ils évoquent le sort des 1600 employés de la Société guinéenne de télécommunications (SOTELGUI), ainsi que la crise qui a cours à Fria depuis deux ans. De même, en raison, disent-ils, de la dernière augmentation du prix du litre du carburant à la pompe -de 500 GNF- ils sollicitent une revalorisation de l'indice salarial. Enfin, ils s'élèvent
contre ce qu'ils appellent une tentative d'assassinat orientée vers certains leaders syndicaux.

A ces requêtes, le gouvernement devrait d'autant plus prêter une oreille attentive que le contexte socioéconomique du pays est tel qu'on devrait faire en sorte qu'aucune goutte ne
fasse déborder le vase !

En Côte d'Ivoire aussi, la classe ouvrière a des griefs. Mais le contexte est plus serein. C'est ainsi qu'hier, syndicalistes et membres du gouvernement, le premier ministre compris, ont célébré ensemble la fête. Les premiers exposant des requêtes autour de la cherté de la vie, du retard relatif dans l'adoption du nouveau code du travail, ainsi que par rapport au phénomène des coupeurs de route.

Ecoutant attentivement le porte-parole des syndicalistes, Daniel Kablan Duncan a tout d'abord reconnu la légitimité des doléances. Avant d'annoncer la création prochaine du Conseil national de dialogue social, une institution au sein de laquelle les acteurs sociaux
se retrouveraient périodiquement-tous les 6 mois-pour débattre des sujets de préoccupation commune.

Au Sénégal aussi, représentants du gouvernement et syndicalistes étaient ensemble dans l'enceinte du stade Demba Diop. Mais du côté de Dakar, les organisations avaient visiblement un défi interne à relever : transcender leurs divergences en vue de parler d'une voix. Même s'ils ne l'ont pas publiquement dit, ils pensent que c'est seulement quand ils seront unis qu'ils pourront porter avec efficacité les revendications des travailleurs
sénégalais.

Du côté du Mali, le contexte politique et sécuritaire post-occupation du nord du pays ainsi que les premières difficultés auxquelles il se butte, IBK a cru devoir prendre les devants. C'est ainsi qu'il a pris la parole, dans la soirée du mercredi, pour rendre hommage aux travailleurs dont certains ont été rendus chômeurs par la crise sociopolitique.

Dans la foulée, il a annoncé avoir instruit son nouveau premier ministre pour prendre
des mesures visant à soutenir le pouvoir d'achat des populations. Il promet aussi de veiller à la création de l'emploi en faveur de la jeunesse, qu'elle soit rurale ou urbaine. Des engagements de bonne qui restent à vérifier sur le terrain.

Enfin, pour ce qui est des géants économiques du continent que sont le Nigéria et l'Afrique du sud, ils sont actuellement confrontés à des contextes politiques spécifiques qui font la fête est quelque peu éclipsée. Pour le Nigeria, il s'agit de l'enlèvement de près 200 jeunes lycéennes par Boko Harama. Une situation qui jette en émoi tout le pays et qui place le
gouvernement de Goodluck Jonathan, dos au mur.

Pour la Nation arc-en-ciel, les préoccupations sont aujourd'hui plus orientées vers les prochaines échéances électorales. Bien qu'il est soit très peu probable que les multiples scandales dont il est accusé privent Jacob Zuma d'un nouveau mandat, le prochain scrutin n'en suscite pas moins de la passion, en particulier dans le milieu des médias.

Pivi Bilivogui pour GuineeConakry.info

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