10 MAI 2016 : Le sens d'une commémoration

Le clin d’œil de l’histoire, hier 10 mai, nous a rappelé l'adoption par le Parlement français, il y a quinze ans, de cette désormais célèbre loi Taubira, du patronyme de la moins inoubliable ministre de la justice et garde des sceaux, Christine Taubira. La force de cette loi, est qu’elle en soi un profond acte de contrition, car elle consacre la reconnaissance de ‘’la traite négrière transatlantique et l'esclavage" comme ‘’crimes contre l'humanité’’.

Le 10 mai est par-dessus tout un moment essentiel de souvenirs, de repentir et de promesses actives pour que cela appartienne pour toujours au passé. 

« L’histoire de l'esclavage est celle des différentes formes prises par la condition sociale d'êtres humains privés par d'autres du droit de propriété sur eux-mêmes ». L’histoire nous enseigne que « si l'esclavage est mentionné dans les premières civilisations écrites, les conditions de son émergence sont, en l'absence de sources, impossibles à déterminer avec précision. Le statut et la fonction de l'esclave ont varié selon les époques et les lieux : les sources et les justifications de l'esclavage, la position et les tâches matérielles conférées aux esclaves ainsi que les conditions de sortie de la condition d'esclaves sont autant d'éléments qui confèrent sa spécificité à chaque configuration historique. »

Mais du 15ème  siècle au 20ème les marchands hollandais, portugais, puis anglais, vont systématiser et internationaliser cette exploitation de l’homme par l’homme dans des conditions bestiales. Depuis de révoltes en révolutions des hommes se sont levés, se sont battus et ont obtenu finalement l’abolition de cet odieux commerce triangulaire. 

Tout cela, me dire-vous, c’est du passé, mais à Paris hier, François Hollande, en compagnie de Christine Taubira et Jesse Jackson, a fait revivre au monde toute la plénitude de la signification de ce moment historique. Se souvenir du tort que l’humanité a fait à l’humanité, à travers ces longs siècles, mais qu’il faut savoir pardonner pour avancer. Surtout savoir tenir ferme la promesse de mettre fin encore à ces pratiques déguisées d’un autre esclavage moderne, plus avilissant que jamais, que l’on rencontre encore sur notre continent.

Le sacrifice des millions d’Africains transportés vers d’autres horizons pour y être traités en bêtes de somme, victimes de racisme, de ségrégation humiliante et barbare; cela ne doit jamais être oublié, c’est en cela que la loi Taubira est un acte humain fort, un ‘’mea culpa’’ exemplaire pour que les hommes plus jamais, ne retournent à cette bestialité primaire.

Maria de BABIA pour GCI

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